Colloque méditerranéen sur les ravageurs des palmiers
3 - Stratégies de lutte

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CONTRÔLE CHIMIQUE DU CHARANÇON ROUGE DES PALMIERS Rhynchophorus ferrugineus ET DU PAPILLON PALMIVORE Paysandisia archon.

Par J.A. JACAS (Universitat Jaume I - Espagne).

La lutte chimique contre R. ferrugineus et P. archon est contrainte par la biologie de ces ravageurs, qui passent l’essentiel de leur vie à creuser dans les palmiers, et par le nombre limité de matières actives disponibles. Bien que plusieurs méthodes d’application aient été mises au point pour atteindre les stades pré-imaginaux des deux ravageurs présents dans les tissus des palmiers (trempage des bases foliaires et injection dans le stipe) des recherches complémentaires sont nécessaires pour identifier de nouvelles molécules sélectives et de nouvelles méthodes d’application. Actuellement, la lutte chimique doit être conduite de manière prudente en l’associant à d’autres moyens plus durables pour prévenir l’apparition de résistance et d’autres effets indésirables des pesticides conventionnels. Dans cette brève synthèse, nous discutons diverses méthodes d’application qui contrairement à d’autres peuvent être utilisées en curatif. L’emploi de ces méthodes et produits particuliers sont cruciaux pour faire prendre conscience aux praticiens de l’importance d’une utilisation appropriée des insecticides pour en assurer la durabilité.

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L'ANATOMIE DES PALMIERS ET LES TECHNIQUES D'ENDOTHERAPIE : QUELLES CONSEQUENCES PHYSIOLOGIQUES ?

Par R. THOMAS (Muséum National d'Histoire Naturelle - Paris).

Les palmiers présentent une anatomie particulière: sans cambium, leur croissance en épaisseur ne peut s'effectuer que part des mécanismes n’engendrant que très peu de divisions cellulaires et se limitant à leur partie apicale où se trouve un méristème d'accroissement primaire. Ce méristème est indispensable pour la mise en place du système vasculaire et est facilement attaqué par le charançon rouge du palmier. Un des moyens de lutte possible contre ce charançon consiste à injecter un insecticide après avoir perforé le stipe. Une seule étude a permis de mettre en évidence les mécanismes de cicatrisation après perforation chez les palmiers: la zone endommagée est rapidement isolée du reste de la plante par formation de tylose, recloisonnement des cellules du parenchyme paravasculaire, sécrétion de composés phénoliques et de gel acide contenant de la pectine. Cependant les réactions diffèrent en fonction de la position verticale de la blessure.

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COMPARAISON D'INSECTICIDES ET TECHNIQUES DE DISTRIBUTION CONTRE LE CHARANÇON ROUGE DU PALMIER.

Par R. GRIFFO (Servizio fitosanitario - Regione Campania - Italie), E. CAPRIO (Università di Napoli Federico II - Italie).

Le charançon rouge (CR), Rhynchophorus ferrugineus (Olivier, 1790), est le ravageur clé du palmier dattier et des palmiers d’ornement sur lesquels il occasionne des dégâts économiques importants. De nombreuses techniques ont été mises au point pour réduire quantitativement la présence de cet insecte. Les traitements chimiques réalisés sur les palmiers sains (asymptomatiques) s’avèrent être la seule solution appropriée dans le cas de Phoenix canariensis étant donné qu’ils ont une efficacité préventive et de protective (2P). Plusieurs techniques peuvent être employées pour distribuer des insecticides et nous allons décrire ici notre expérience concernant six substances actives : l’imidaclopride, le thiametoxam, le diméthoate et l’abamectine, utilisés par injection, et la clothianidine et l’azadirachtine utilisées par injection et aussi par application directe au sol. Cette étude a été effectuée sur un total de 111 palmiers du genre Phoenix (89 de l’espèce canariensis et 22 de l’espèce dactylifera) dans différents pays (Italie, Malte et Syrie). Le traitement a été réalisé sur des parcelles homogènes en testant différents insecticides et techniques de distribution afin d’évaluer les effets spécifiques de protection et de prévention pour chaque substance active. Nous avons comparé la dynamique de l'absorption, les effets secondaires et l'efficacité et nous avons également pris en compte les conséquences des traitements phytosanitaires sur les palmiers en milieu urbain et dans les vergers commerciaux, les problèmes de phytotoxicité, les avantages et coûts des différents modes de distribution.

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CONTROLE BIOLOGIQUE DE Rhynchophorus ferrugineus.

Par O. DEMBILIO (Universitat Jaume I - Espagne).

Le charançon rouge du palmier, Rhynchophorus ferrugineus Olivier (Coleoptera: Curculionidae), est l'un des ravageurs les plus destructeurs des palmiers dans le monde. A ce jour, le contrôle de ce ravageur a été principalement basé sur l'utilisation d'insecticides. Cependant, cette méthode peut entraîner des problèmes environnementaux, sociaux et économiques. Afin d'améliorer les options de gestion contre le charançon, nous avons évalué l'efficacité du nématode entomopathogène Steinernema carpocapsae Weiser (Nematoda: Steinernematidae) et le potentiel d'une souche du champignon entomopathogène Beauveria bassiana (Ascomycota: Clavicipitaceae) comme agents de lutte biologique contre le charançon à la fois dans des essais de laboratoire, en conditions semi-naturelles et sur le terrain. L'utilisation de ces microorganismes entomopathogènes a montré une très bonne efficacité contre R. ferrugineus.

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SYNTHESE DES POSSIBILITES DE LUTTE CHIMIQUE ET BIOLOGIQUE CONTRE LE PAPILLON PALMIVORE, PAYSANDISIA ARCHON : MODALITES DE MISE EN OEUVRE ET EFFICACITE.

Par E. CHAPIN (COSAVE - France).

Le présent article établi une synthèse sur l’efficacité des insecticides et agents entomopathogènes, les caractéristiques techniques des matériels d’application et les éléments utiles aux décisions pour lutter contre le papillon palmivore (Paysandisia archon). Plusieurs expérimentations européennes ont mis en évidence l’efficacité préventive et/ou curative d’insecticides (spinosad, diflubenzuron et phosalone), d’agents entomopathogènes (Beauveria bassiana, Steinernema carpocapsae et S. feltiae) ou de barrière physique (glu). Le choix de la stratégie et des méthodes de lutte s’appuie sur le diagnostic sanitaire et environnemental de la parcelle, ainsi que sur les réglementations en vigueur. Plusieurs matériels permettent d’appliquer les produits phytosanitaires, chacun avec des caractéristiques fixant le cadre de leur utilisation. Sur la base de cette synthèse et de l’expérience acquise lors de la mise en oeuvre des luttes contre P. archon au sein de jardins, d’espaces verts et de pépinières, les auteurs estiment disposer des d’outils permettant d’assainir les situations et de contrôler la pression parasitaire à l’échelle d’une parcelle.

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UTILISATION DE LA GLU CONTRE PAYSANDISIA ARCHON.

Par J.-B. PELTIER (SupAgro INRA - Montpellier).

Développée en 2006 à l’INRA-SupAgro de Montpellier, la glu Biopalm a fait l’objet d’un dépôt de brevet en 2007 et est commercialisée depuis 2011 par Novajardin. La glu, composée essentiellement de produits naturels, est pulvérisée sur le haut du stipe et à la base des palmes. Elle agit comme un écran mécanique empêchant les pontes et gênant les émergences. Les données recueillies durant 6 années d’expérimentation en conditions naturelles montrent une efficacité supérieure à 90% tant au niveau du taux de ré-infestation qu’au niveau de la gêne sur les émergences. Les dommages collatéraux sur la faune non cible sont comparables voire inférieurs aux pièges chromatiques communément employés. La glu est le seul produit commercialisé nécessitant une application unique par an en apportant une solution efficace, sans danger pour les abeilles, dans cette lutte durable contre le papillon Paysandisia archon.

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